Une réflexion sur la marginalité s'est amorcée en préparation de l'événement de projection de courts métrages de juin prochain. Nous vous présentons cette semaine la perspective de certains participants sur le sujet:
Patrick:
Pour moi la marginalité c'est l'authencité, c'est d'être soi-même. Sans jugements, sans idées préconcues. C'est le fait que chaque humain est unique, mais certains se démarquent plus par leurs actions et leurs visions de la vie.
Joseph-André:
Le mot lui-même est une identification. Voici le premier problème. Utiliser un terme est le contraire de l'idéologie. Ce n'est pas une image, ni un métalleux au cheveux long, ni un punk tatoué d'un code barre. C'est non plus un métier. C'est tout simplement une manière d'agir qui est naturelle à l'être et non entraînée par force. L'être marginal ne réfléchit pas vraiment à sa marginalité. Il ne fonctionne que de la manière qu'il a toujours fait, sans vraiment avoir une raison idéologique de le faire.
Sarah:
Je veux avant tout rencontrer des gens qui me surprendront. J'aime les gens pas comme les autres.
Ceux que j'aime se ressemble surtout dans leurs différences. Je sais qu'on est tous des êtres uniques, mais je ne suis pas de cet avis en ce qui concerne certaines personnes.
Je sais que certaine
personne ne sont pas unique lorsqu'elles cherchent à ressembler à quelqu'un d'autre qu'à elles-mêmes. Les gens marginaux aiment avoir une différente façon de voir et de faire les choses, ils aiment ce qui sort de l'ordinaire.
Crée un chemin qui n'existait pas et ce chemin restera par la suite. Personne ne pourra le défaire, car des tas de gens le suivront, puisque tu sais clairement où tu
vas. Car selon moi, une
personne marginale sait où elle va et aime être libre de créer peu importe où elle se trouve.
Quelqu'un de marginal intrigue et attire la curiosité de plusieurs, même si souvent on ne fait que le pointer du doigt.
Charles-Olivier:
Pour ce qui est de ma définition de la marginalité, je dois dire que j'arrive mal à m'éloigner de la stricte définition du terme (sortir de la norme, ne pas se conformer au système, etc etc) et j'ai également tendance à y voir une connotation négative implicite... Pourtant, étant un éternel adolescent dans l'âme, sportif extrême invétéré et artiste à mes heures, je considère faire partie intégrante de la marge (au sens large) malgré le fait que je paie mes impôts en bon citoyen et que je dépende du système pour survivre.
D'un autre côté, trop souvent certaines personnes aux esprits obtus tendent à démoniser ou stigmatiser les soi-disant ''marginaux'' et ne voir en eux qu'une maille à cet engrenage qu'est la société. Malheureusement, cette perception négative de la marge assombrit les richesses qu'elle peut nous offrire, et par cela j'entends notamment contribuer de façon immense au tissu social et à la prolifération de la culture, si l'on pense par exemple aux artistes.
Parlant d'arts, dans plusieurs cas on pourrait qualifier les artistes de marginaux, mais toutefois certains heureux élus percent la barrière imaginaire du mouvement mainstream et perdent par le fait même de leur marginalité aux yeux du public, tandis qu'à l'inverse certains autres artistes aspirant au statut de célébrités font l'objet d'une publicité constante à cause de leur soi-disant marginalité et s'y complaisent en récoltant les dividendes des médias à potins. Évidemment, on parle ici d'une infime portion de la communauté artistique, de ceux qui gravissent les échelons du stardom jusqu'à arriver à nos radios, journaux ou télévisions, mais quand on pense à l'artiste moyen, à celui qui vit dans l'ombre et ne gagne pas nécessairement beaucoup d'argent, on associe trop souvent marginalité à pauvreté et au refus de faire partie du système, ce qui au final fait en sorte que les gens perçoivent les artistes comme des bohèmes paresseux, des anarchistes rebelles, des égocentriques non-conformistes et excentriques, et j'en passe.
En somme, il va sans dire que plusieurs préjugés défavorables sont colportés à tort et à travers quand on traite de marginalité, mais à mon sens la plus grande partie de ces derniers provient d'une incompréhension généralisée d'un mode de vie ou l'accomplissement professionnel, la réussite financière, et la quête du confort ne sont pas la norme établie.